Agression
Le terme d'agression désigne une violence physique manifestée avec une intention hostile, soit tout comportement ayant pour but d’intimider ou de blesser autrui.
Le rat n'est pas un animal agressif de base, la plupart du temps l'animal fuira plutôt que de faire face à sa peur. L'agression, selon sa cause, est à considérer dans la plupart des cas comme une stratégie, qui a sa place dans une suite logique d'actions et de réactions. Il ne s'agit pas de "méchanceté".
Le comportement agressif peut s'exprimer à l'égard des congénères, à l'égard d'autres animaux ou à l'égard de l'homme. Déviée de sa voie primitive, il peut également se manifester contre des objets.
Un rat manifeste son agressivité quand son poil se hérisse, quand il souffle fortement par les narines, voire claque des dents et prend une position intimidante en suspension ou debout. Ce sont des signes d'intimidation qu'il ne faut pas prendre à la légère, il se pourrait que le rat attaque. Il vaut mieux ne pas le provoquer et si possible éloigner ce qui le met dans cet état (odeur de femelle, intrus). Il ne faut jamais séparer à mains nues deux rats qui se battent ou qui sont en position de le faire, car ils ne se soucieront pas de savoir s’ils mordent votre main ou leur adversaire. Utilisez donc une serviette ou protégez vos mains. L'histoire peut se terminer par des blessures graves.
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Comprendre l'agressivité
Il existe plusieurs sortes d'agressivité :
- L'agressivité de domination
- Elle est motivée par un défi au statut social du rat. Les rats sont des animaux sociaux et vivent donc en groupe social ou "meute" et c'est sur la base du résultat des défis sociaux parmi les membres du groupe qu'une hiérarchie de domination est établie.
- L’agressivité motivée par la peur
- Il s'agit d'une réaction défensive que l'on observe généralement si le rat n'a pas la possibilité de fuir.
- L’agressivité de protection, de possessivité et territoriale
- Il s'agit de cas très similaires qui impliquent de défendre des objets de valeur.
L'agressivité peut se comprendre comme un instinct, selon les cas :
- l'instinct de reproduction suscitant la concurrence entre mâles
- l'instinct de survie quand elle permet de se défendre
- l'instinct maternel, lorsqu'une femelle protège ses descendants
- etc...
L'acte agressif
L'agression se place dans une suite logique d'actions et de réactions:
- les stimuli
- la menace (première partie des comportements agonistiques)
- le passage à l’acte (deuxième partie des comportements agonistiques)
- l’apaisement
Comportements agonistiques entre rats
Les comportements agonistiques s'enchainent selon une intensité et une durée variables.
De faibles intensité, ils sont très peu remarquables; il faut un œil averti pour comprendre ce qu'il se passe. Plus l'intensité de ces comportements augmente, plus la probabilité de voir des confrontations physiques augmentent. Ces confrontations peuvent parfois se terminer en combats.
Stratégies et suites logiques
Ordre des comportements agonistiques :
- La poursuite : le rat chasse l'autre pendant quelques secondes. Le rat chassé se sauve et se cache de son poursuivant. Parfois le poursuivant renonce. Si le poursuivant rattrape le rat en fuite, il peut pincer ou le mordre à l'arrière-train et essayer d'engager la confrontation. Parfois le poursuivant peut monter le rat en fuite.
- La confrontation : Le rat poursuivi peut se retourner pour faire face au poursuivant, il peut alors y avoir confrontation. Les deux rats vont essayer de s'intimider: nez en l'air, ouverture de la bouche pour afficher les dents, parfois avec des sifflements. La queue peut se tortiller et le poil se hérisser. La confrontation se termine si l'un des rats fuit.
- Le contact physique : Si ni l'un ni l'autre ne se sauve, la confrontation peut enchaîner sur un contact physique. Ils se poussent voire se donnent des coups de patte arrière. Le rat qui se laisse dominer se laissera rouler le dos à terre. Si les deux rats résistent, cela peut dériver en combat.
- Le combat : Le but immédiat du combat est l'attaque de l'arrière-train et des flancs de l'autre et sa propre défense. Le but de l'agresseur est d'infliger une morsure et le but du défenseur est d'empêcher une telle morsure. Les deux rats s'enferment dans une "boule de combat". La défense peut aussi être active avec des morsures dirigées à la tête de l'attaquant. Ces combats sont habituellement brefs et finissent par un rat qui se sauve, qui se cache ou qui reste tranquille (voire pétrifié) et soumis pendant parfois plusieurs heures.
Comportement agonistique au sein d'une colonie
Le comportement agonistique n'est pas fréquent entre les rats d'une colonie établie, lorsque la hiérarchie est en place. La durée de ces comportements serait estimé à moins de 1% du temps.
La fréquence et l'ampleur des comportements agonistiques sont différentes selon le sexe des rats. Les mâles sont beaucoup plus enclins à s'engager dans le comportement agonistique (blessant comme défensif) que les femelles. Les mâles ont également plus tendance à développer des hiérarchies de dominance, ce qui est moins commun chez les femelles.
Le mâle dominant tend à avoir une plus grande activité et se reproduit plus souvent avec les femelles. Une hiérarchie de dominance peut émerger chez les femelles lorsqu'elles sont enceintes ou allaitantes.
Dans des colonies mixtes, ce sont les mâles qui attaquent les intrus. Le taux d'agression par les femelles est très bas. Mais lorsque il s'agit d'un groupe composé uniquement de femelles, les femelles se mettent à attaquer les intrus comme les mâles le feraient.
Les mâles mordent rarement des femelles; c'est généralement à la formation de la colonie que cela s'observe, ce qui est aussi le cas entre femelles. Mais entre mâles, le comportement agonistique perdure toute la durée de vie de la colonie.
Généralement, les jeunes rats mâles jouent régulièrement au combat dès l'âge de 5 semaines jusqu'à 5-6 mois. Ce type de combat de jeu n'est pas sérieux, personne ne gagne ni ne perd, et personne n'est blessé. Lorsqu'ils s'approchent de leur maturité sociale (l'adolescence), les combats deviennent plus sérieux et se terminent par des gagnants et des perdants; c'est ainsi qu'émerge une hiérarchie stable et de dominance.
Présenter des rats
Si l'on souhaite présenter des rats inconnus, il est indispensable de le faire dans les règles, pour que les individus s'acceptent et s'habituent l'un à l'autre, surtout si l'un d'eux n'a pas été bien sociabilisé ou si cela fait longtemps qu'il est tout seul.
En effet, s'il y a plusieurs façons pour un rat ou une colonie de réagir face à un intrus, la plupart du temps cela se termine en attaque et peut faire rapidement des dégâts...
Voir l'article détaillé : présentation
L'agression envers les humains
La manipulation de jeunes rats par des humains réduit considérablement le risque d'agression d'un rat envers des humains. Mais une telle expérience avec des humains n'a aucun impact sur la façon dont les rats se comportent envers d'autres rats. Un rat masculin peut être socialement dominant et agressif envers des intrus, mais tout à fait docile dans des mains humaines.
Les problèmes d'agressivité constants
Les problèmes d’agressivité constants sont peu courants mais assez complexes et leurs conséquences potentielles peuvent être graves.
La mauvaise entente
Les signes d'agressivité sont à surveiller, car ils dénotent une mauvaise entente entre deux rats. L'incompatibilité d'humeur existe aussi chez les rats; il arrive que deux rats ne s'entendent pas et ne puissent jamais s'entendre. La rencontre ou la coexistence peuvent très mal se terminer si ces signes ne sont pas décelés à temps.
L'agressivité hormonale
L'agressivité peut être causée par une hypersensibilité à la testostérone chez le mâle. On parle alors d'agressivité hormonale.
Voir l'article détaillé : agressivité hormonale
L'agressivité par défaut de codes sociaux
Si un individu n'a pas appris comment se comporter en groupe, il ne répondra pas aux sollicitations codées de ses congénères, qui le prendront comme un individu non coopératif, ce qui engendrera de perpétuelles bagarres pouvant amener à de sérieuses blessures.
Dans ce genre de cas, la sociabilisation est à reprendre, si c'est possible. Parfois cela est impossible et l'individu est condamné à vivre seul. C'est un long travail que d'essayer d'intégrer un individu avec de telles lacunes.
Si l'individu posant problème se frite moins avec un rat en particulier, il est bon de le laisser avec celui-ci pendant de longues périodes en espérant qu'à force de contact un apprentissage sera fait. Certains ont réussi, à l'aide de cette méthode et de plusieurs mois de tentatives progressives d'intégration, à faire d'une rate asociale un parfait élément de groupe.
