Opération chirurgicale
Une opération chirurgicale est une intervention manuelle pratiquée par le vétérinaire sur les tissus d'un rat anesthésié, notamment par incision et suture.
Les interventions chirurgicales servent généralement à réparer un traumatisme grave (fracture grave, hémorragie...), à soigner une infection, extraire une structure pathologique (tumeur), etc.
La stérilisation et la césarienne sont par exemple des interventions chirurgicales.
Sommaire |
La préparation à une opération chirurgicale
Le bilan pré-opératoire
De quelques jours à quelques heures avant l'opération, le vétérinaire peut demander à voir votre animal afin de faire un bilan pré-opératoire.
Cette évaluation est essentielle à des soins de qualité et aide au bon déroulement de l'opération. Elle a pour but de réduire les risques éventuels et les complications per/post-opératoires pouvant survenir.
Il n'existe pas de bilan pré-opératoire type. Le vétérinaire l'adapte à chaque individu et à son état.
Cependant deux points sont abordés :
- L'anamnèse, l'interrogatoire du dossier ou du maître de l'animal
- Généralement le vétérinaire a besoin de connaître les antécédents médicaux, les traitements en cours, et les allergies connues.
- L'examen physique
- vérification cardiovasculaire et pulmonaire.
D'autres examens ou bilans complémentaires peuvent être jugés pertinents par le vétérinaire comme par exemple une échographie ou une radiographie. Cependant le recours systématique à ces examens n’a aucune justification.
Il peut classifier l'état du rat en fonction du risque anesthésique : rat en bon état général, présentant une perturbation modérée d'une grande fonction , présentant une perturbation sévère d'une grande fonction ou courant un risque vital.
Le risque opératoire
Les paramètres à évaluer sont en fonction du risque opératoire, qui dépend de plusieurs facteurs, dont :
- la maladie justifiant l'intervention
- la procédure chirurgicale relative à l'intervention, la durée et son impact sur le rat
- la nature et la sévérité des affections ou des problèmes associés (capacité focntionnelle, état nutritionnel, etc).
Suite au bilan pré-opératoire, les résultats de l'évaluation peuvent dans certains cas amener le vétérinaire à recommander un report de la chirurgie ou à réévaluer la pertinence de l'intervention chirurgicale proposée.
Il y a cependant toujours des risques et des complications possibles liées à l’anesthésie et à la chirurgie :
- Plaies des organes voisins nécessitant une prise en charge chirurgicale spécifique
- Exceptionnellement, séquelles graves ou risque vital
- Risques liés à l’anesthésie et aux produits d’anesthésie
Le jeûne pré-opératoire
L'exigence générale d'une jeûne pré-opératoire dès la veille de l'opération repose sur la crainte d’une régurgitation du contenu gastrique lors de l’induction d’une anesthésie générale, qui pourrait étouffer l'animal.
Cependant, le rat est un animal particulier (s'il peut régurgiter dans certaines situations, il ne peut pas vomir) et fragile. Il vaut mieux éviter un jeûne de trop longue durée qui l'affaiblirait, et préférer un jeûne de quelques heures avant l'opération.
L'animal est transporté à la clinique vétérinaire le plus souvent la veille de l’intervention ou le matin même.
L'anesthésie
L'anesthésie générale (celle généralement pratiquée sur le rat domestique) est la suspension temporaire et réversible de la conscience et de la sensibilité. Elle vise à permettre une procédure médicale qui autrement serait trop douloureuse ainsi qu'une chirurgie de qualité. L'anesthésie se fait grâce à un produit anesthésiant.
L'anesthésie par inhalation (anesthésie gazeuse) est la meilleure façon d'endormir les rats, elle permet une anesthésie mieux contrôlée et ses effets sont plus vite dissipés, contrairement à l'anesthésie par injection (difficile à doser). Cet aspect doit être abordé avec votre vétérinaire.
Il existe plusieurs méthodes d'anesthésie au gaz :
- La chambre
- L'animal est placé dans une chambre (petite cage hermétique) qui est remplie de gaz anesthésiant à la concentration voulue dans un gaz porteur. Lorsque l’animal est endormi, on ouvre la chambre sous une hotte et on retire l'animal, auquel on applique un masque ou un autre dispositif permettant de poursuivre l'administration d'anesthésique aussi longtemps que nécessaire. Cette technique convient particulièrement bien aux animaux de petite taille comme le rat.
- Le masque
- Il est également possible de placer directement un masque sur le museau (nez et bouche) d'un animal pour lui faire inhaler le gaz anesthésiant.
Lors d'une anesthésie il est nécessaire de surveiller continuellement les fonctions vitales : respiration, rythme cardiaque, etc.
L'endormissement prend quelques secondes.
Le rat doit être tenu au chaud pendant toute l'opération mais également pendant la phase de réveil afin d'éviter une hypothermie. Le vétérinaire utilise pour cela à choix une table chauffante, une plaque chauffante, un coussin chauffant, un tapis chauffants ou une lampe chauffante.
L'intervention
La ou Les assistante(s) sont là pour effectuer certaines tâches, chacune a un rôle très précis et agit sur les ordres du vétérinaire.
- La préparation du champ opératoire
- La zone à opérer est rasée, désinfectée une à deux fois de façon très soigneuse avec un produit désinfectant généralement iodé et coloré en jaune. Des sortes de draps bleus ou verts sont posés par recouvrement pour délimiter la zone d'intervention appelée "champ opératoire".
- L'incision
- Le vétérinaire choisira la technique qui lui semble la mieux adaptée à la situation, à la pathologie et à la santé générale du rat. Le vétérinaire prend ses repères et effectue la première incision (appelée plaie opératoire). La direction, la taille et la localisation exacte où effectuée l'incision s'appelle la "voie d'abord". Le moment de l'incision est très important car il détermine la taille et l'aspect de la future cicatrice.
- L'intervention proprement dite
- Les techniques sont variées et utilisent divers appareils. Par la voie d'abord, le vétérinaire découpe les plans superficiels pour accéder à l'endroit précis où se trouve la source du problème sur lequel il souhaite intervenir. Le sang qui provient des vaisseaux lésés est étanché avec des compresses. Les vaisseaux peuvent être suturés ou coagulés.
- La suture
- Une fois l'intervention effectuée, la plaie opératoire sera suturée plan par plan. Les fils internes utilisés sont résorbables, seuls les fils superficiels peuvent ne pas l'être. Parfois, des drains sont laissés dans la plaie opératoire pour que les liquides internes (sang, liquides inflammatoires, lymphe, etc.) soient évacués.
Une fois la suture définitive effectuée, l'animal est emmené dans la salle de réveil.
Le post-opératoire
Les suites opératoires représentent tous les événements qui surviennent à court et à moyen terme après une intervention.
Le réveil
Tout dépend de la durée de l'anesthésie générale, la méthode (par injection ou gazeuse), les produits employés, et les réactions propres au rat. Il est possible que le rat se réveille rapidement comme laborieusement. Il peut retrouver sa forme en quelques heures comme en quelques jours.
Le rôle de la salle de réveil est très important, car le réveil peut être transitoire, avant de replonger le rat dans une torpeur plus ou moins profonde. Deplus le personnel spécialisé surveille l'animal jusqu'à ce que l'éveil soit manifestement stable, afin de pouvoir agir rapidement en cas de besoin.
Suivez les directives du vétérinaire et de ses assistantes, lorsque votre animal sera "prêt" ils vous en informeront et vous pourrez le rechercher.
Le retour à la maison
Il est courant que se présente une paresse intestinale. En attendant la reprise d'un transit normal (rat qui mange et défèque normalement) il est justifié de maintenir une alimentation facilement assimilable ainsi que de veiller à son hydratation.
Tenez le à l'abri des changements de température, proposez-lui une bouillotte et veillez à son confort.
N’hésitez pas à informer votre vétérinaire si vous suspectez quelque chose d'anormal.
Afin de prévenir tout problème il faut rester attentif. Ne jamais négliger une plaie, surtout si elle est souillée, si elle touche des parties proches de la tête, si elle se situe sur une partie très mobile ou une partie très salissable. Si la plaie est est profonde ou contuse, il faut avertir le vétérinaire.
Complications post-opératoires possibles :
- L'infection de la plaie: elle peut être immédiate ou survenir dans un second temps, ce qui risque de retarder la cicatrisation.
- L'abcès: si le suintement n'était pas prévu ou si le drainage n'a pas été assez efficace, il se forme une poche derrière la cicatrice qui finit par s'infecter. Le vétérinaire nettoyera cet abcès et laissera un petit drain si nécessaire.
- Les surinfections respiratoires: Quand les cicatrices gênent l'amplitude de la respiration, les sécrétions bronchiques s'évacuent mal et peuvent être à l'origine d'une infection qui se traite médicalement
La visite de contrôle
Le retrait des fils
La cicatrisation
La cicatrisation est un processus de réparation des tissus qui se déroule en quatre étapes :
- La coagulation du sang
- L'inflammation
- La détersion
- La reconstruction épitheliale
La cicatrisation des muqueuses se fait généralement sans problèmes et rapidemment, bien qu'elle puisse être insuffisante dans les zones mal vascularisées. La cicatrisation des tissus musculaires et de soutien (tissu conjonctif) est généralement solide mais fait perdre le tissus en élasticité (il ne retrouvera pas son élasticité d'origine).
Voir l'article détaillé : cicatrisation
