Génétique

La génétique (du grec γεννώ = donner naissance) est l'étude de la transmission de caractères héréditaires d'une génération à l'autre. De telles études ont eu lieu depuis la préhistoire et la domestication du chien, mais ce n'est qu'au XIXe siècle, avec les études de Gregor Mendel, que la génétique devint une science à part entière.

Sommaire

Généralités

À la base de toute la théorie de la génétique, il y a une loi fondamentale et simple à comprendre : tout caractère héréditaire (exemple : le groupe sanguin chez l'homme) est codé par un gène, et chaque gène est composé de deux morceaux (appelés allèles), l'un hérité du père, et l'autre hérité de la mère.

Lorsque les deux allèles contiennent la même information (ex : groupe A), la situation est simple : le gène exprimera cette information (et l'individu de notre exemple sera du groupe A).

Là où ça devient intéressant, c'est lorsque les deux allèles contiennent deux informations différentes. Comment concilier les deux ? La nature peut y répondre de plusieurs façons.

  • Dans certains cas, elle accorde une priorité à une information sur l'autre (par exemple, l'information "groupe A" l'emporte systématiquement sur l'information "groupe O") : on dit que l'allèle "groupe A" est dominant, et que l'allèle "groupe O" est récessif.
  • Dans d'autres cas, elle refuse de trancher : les deux informations sont de la même force et s'expriment donc en même temps. On dit dans ce cas que les deux allèles sont codominants. C'est le cas par exemple si un allèle dit "groupe A" et que l'autre allèle dit "groupe B" : l'individu sera du groupe AB.

Remarque : dans les cas complexes, un caractère peut être codé par plusieurs gènes, mais nous n'entrerons pas dans ces considérations.

Exemple classique : le groupe sanguin

Approfondissons un peu notre exemple chez l'homme. Dans le tableau suivant, on a listé dans la première colonne toutes les combinaisons possibles pour le gène "groupe sanguin" (qui est donc constitué de deux allèles, on le rappelle), et en face on a donné le résultat de ce code génétique sur l'individu. On appelle génotype la combinaison formée par les deux allèles du gène, et phénotype l'expression de ce gène sur l'individu.

génotype phénotype
A/A groupe A
B/B groupe B
o/o groupe O
A/o (ou o/A) groupe A
B/o (ou o/B) groupe B
A/B (ou B/A) groupe AB

Remarque : par convention, il est d'usage de noter en majuscules les allèles dominants et en minuscules les allèles récessifs. Ici, les allèles A et B sont dominants et l'allèle o est récessif.


À présent, examinons un cas concret. Soit une mère de groupe sanguin O et un père de groupe sanguin AB. On sait d'emblée que la mère a pour génotype o/o, et que le père a pour génotype A/B (cf. tableau ci-dessus). L'enfant qui sera issu de ce couple aura un allèle provenant de sa mère (donc forcément o) et un allèle provenant du père (donc soit A, soit B). Si l'on exprime ces possibilités dans un tableau, on obtient :

père \ mère o
A A/o
B B/o

L'enfant a donc 50% de chances d'être de groupe A (génotype A/o) et 50% de chances d'être de groupe B (génotype B/o). Dans ces deux cas, l'enfant sera porteur d'un allèle o, qu'il pourra éventuellement transmettre à ses propres enfants.

Justement, considérons que cet enfant (admettons que ce soit le groupe B qui l'ait emporté à la loterie génétique), parvenu à l'âge adulte, s'accouple avec une femme de groupe sanguin B aussi. Cette dernière a deux génotypes possibles : soit B/o comme son partenaire, soit B/B. Comment savoir lequel de ces deux génotypes est le bon ? Il y a plusieurs possibilités :

  • On fait une analyse génétique : au moins c'est radical, plus de doute possible.
  • On s'intéresse à son arbre généalogique et on procède par déductions. Par exemple, si son père était de groupe O, alors, elle a forcément reçu de lui un allèle o (cf. cas précédent). De même, si son père était de groupe A, alors là aussi elle a forcément hérité de lui un allèle o (puisque si elle avait reçu un allèle A, elle aurait été de groupe A ou AB, ce qui n'est pas le cas). Par contre, si ses parents sont par exemple tous les deux de groupe B, alors on ne peut rien dire, car ils peuvent chacun être tout aussi bien de génotype B/o ou de génotype B/B.
  • On s'intéresse à ses enfants, et on procède aussi par déductions. Par exemple, si elle a un enfant de groupe O, alors c'est qu'elle possédait nécessairement un allèle o (puisque l'enfant, pour être de groupe O, doit avoir deux allèles o). Par contre, si elle a un enfant de groupe B, alors on ne peut rien dire, car celui-ci peut être soit de génotype B/o, soit de génotype B/B.

On le voit, la génétique n'est finalement rien de plus qu'un problème de logique.

Principaux gènes

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Un aspect de la génétique facilement prévisible concerne les traits morphologiques : couleur du pelage et des yeux, marquage, type de poil, forme des oreilles, etc.

Des études systématiques ont permis d'associer avec une bonne confiance un gène à un trait morphologique, ainsi que le caractère dominant ou récessif de chaque allèle de ce gène. Une convention en usage veut qu'un allèle dominant soit représenté par une lettre majuscule, tandis qu'un allèle récessif sera noté par une lettre minuscule.

Caractères génétiques

Tous les caractères ne sont pas forcément issus de l'hérédité. En effet un individu n'est pas seulement le résultat de son patrimoine génétique, mais également des expériences qu'il a vécues depuis sa naissance. Ainsi, vous pourrez couper autant que vous voudrez la queue de vos rats, vous n'obtiendrez pas des ratons manx pour autant.

De même au niveau du caractère, il peut y avoir des prédispositions génétiques (tempérament calme, agressif, etc.) mais l'éducation et le vécu du rat ont également une importance capitale. Un rat traumatisé par une mauvaise expérience en animalerie aura du mal à vous accorder sa confiance, même s'il est génétiquement enclin à se montrer gentil. Inversement vous pourrez vous montrer le meilleur maître pour votre rat, s'il est enclin à être agressif vous risquez toujours une attaque de sa part.