Proie naturelle

Série Terrariophilie

Pourquoi le Rat est il utilisé comme proie ?

On entend souvent dire « pourquoi ne pas nourrir les serpents avec des insectes ou des poissons ? J’ai déjà vu quelqu’un nourrir son serpent avec des grillons… »Etc.…. Mais ce serait aller contre la nature même de certaines espèces. Petit topo sur l’alimentation des ophidiens.

I)Les autres proies

Les serpents qui ne mangent pas de rongeurs sont le plus souventpiscivores (ils mangent alors des poissons et des amphibiens ). Ils sont généralement aquatiques ou vivent à proximité d’un milieu humide. On peut citer notamment les serpents de type Thamnophis ou Natrix .En captivité ils sont nourris soit de « vivant » (poisson d’eau douce de type guppy), de poissons entiers de petite taille congelés (friture de joels par ex) ou de lamelles de pavés de poisson (de type saumon par exemple)

Il y a également des serpents qui se nourrissent essentiellement d’ oiseaux . (Gonyosomas, certaines Elaphes comme Obsoletta par ex, certains Morelias….) Ce sont classiquement des espèces arboricoles ou semi arboricoles. Certains ont un régime alimentaire presque entièrement constitué d’oiseaux, mais la plupart consomment oiseaux et rongeurs indifféremment. Les oiseaux donnés en captivités sont le plus souvent des poussins achetés congelés (comme pour la nourriture des furets) ou des petites cailles de Chine. Les plus gros spécimens peuvent parfois consommer des poulets d’élevage. Cependant on reproche souvent ce type de régime de causer des selles malodorantes, ainsi que des carences. Il est donc généralement déconseillé de nourrir un serpent uniquement avec des volatiles.

Plus rares, certains serpents sont insectivores. Ils mangent des grillons des petites araignées…. L’espèce la plus connue est l’Ophéodrys Aestivus, un petit serpent vert bien sympathique, souvent mis en avant par les bonnes âmes qui refusent de donner des rongeurs un serpent. Mais ce type d’espèce est assez difficile à tenir même pour des éleveurs confirmés, beaucoup s’y sont essayés…..sans succès ! Peu de gens arrivent à les maintenir plus de quelques mois. La faute à une alimentation composée uniquement d’insectes bien souvent carencée ? Les serpents insectivores sont donc très peu répandus en terrariophile.

De façon beaucoup plus marginale, certaines espèces se nourrissent enfin d’œufs. Ils sont alors dits « oophages » (et oui terme barbare ;-) ). Il s’agit notamment des Dasypeltis « serpents mangeurs d’œuf africains » Ils sont arboricoles et se nourrissent en pillant les nids. Cependant leur maintien n’est guère aisé, de part la difficulté leur trouver des œufs adaptés. Les adultes se nourrissent d’œufs de type caille ou pigeon, les juvéniles d’œufs de plus petite taille (oiseaux exotiques). Mais selon les témoignages, beaucoup de spécimens refusent de se nourrir d’eux-mêmes et doivent donc être « gavés » l’aide d’une sonde…

Certains autres serpents mangent des lézards, des amphibiens, voir même d’autres serpents en fonction de leurs mœurs. Cependant, la grande majorité des espèces mangent des rongeurs, ce qui rend indispensable l’élevage de ceux-ci pour un usage terrariophile.

II)les proies de substitution

On parle souvent des « saucisses pour reptiles » comme d’une nourriture de substitution pour reptiles. Or il faut savoir que ces saucisses sont le plus souvent constituées tout simplement de rongeurs de type souris. En effet, il s’agit de faciliter le gavage de spécimens récalcitrants. Les souris sont dans un boyau, alignées, ce qui permet d’enfoncer facilement la « saucisse » ainsi obtenue dans l’œsophage du serpent qui refuse de s’alimenter. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une solution pour épargner des rongeurs.

Certains éleveurs utilisent occasionnellement des proies achetées en boucherie (ou marché) de type poulets, lapins, etc.… Si ces proies sont vidées et dépecées, elles ne présentent pas beaucoup d’intérêt. En effet, les serpents ont la possibilité de digérer toutes les parties de leurs proies (os et dents compris) à la seule exception de celles qui sont constituées de kératine (ongles, poils, écailles). Leur donner une proie vidée de ses viscères, sans poils ou sans plumes (comme des cuisses de poulet par exemple) les priverait donc d’une partie des apports de leur régime alimentaire.

Il y a donc comme solution de « recréer » une proie la plus complète possible en lui ajoutant ce qui avait été enlevé pour la consommation humaine. Voici un exemple, tiré de l’ouvrage « le python royal et le boa constrictor » de M.Millefanti :

« certains terrariophiles utilisent des cailles, des poulets, des pigeons et des lapins d élevage[...]tous nettoyés, sans tête, sans poils, sans plumes,sans pattes ni viscères.[...]ce type de régime provoque des carences pour les reptiles[...]il est conseillé de présenter ce type d’animaux, mais entiers .si vous habitez dans une région ou il n est pas possible de trouver ce type de proies, il faudra "farcir"les poulets,cailles pigeons, lapins de morceaux de tripes, cervelles,courgettes et carottes(en petite quantité pour reproduire le contenu de l estomac de la proie végétarienne)et de plumes,(congelées pendant quelques tps pour éviter germes pathogènes). Cette méthode peut être utilisée de temps en temps pendant les périodes de vacances par exemple. Personnellement, je prépare a l avance cette farce dans des petits sacs de congélation puis je l insère directement dans la proie après décongelation.si nécessaire, j utilise du fil de coton pour coudre l abdomen de la proie »

Il est cependant évident qu’il est plus prudent de n’utiliser ce type de subterfuge qu’en cas d’absolue nécessité, afin de ne pas créer de carences.