Rat sauvage
Le rat sauvage se rencontre en Europe sous deux espèces :
- le rat des champs (rattus rattus), qui est traitée dans son propre article : voir rat noir ;
- le rat des villes (rattus norvegicus norvegicus), qui fait partie de la même espèce que le rat domestique et est l'objet de cet article.
En raison des conditions de vie dans la nature, l'espérance de vie d'un rat sauvage est de 8 mois en moyenne, contre 2 à 3 ans pour un rat domestique.
| Rat brun sauvage | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Rat des villes
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| Classification scientifique | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Rapport à l'Homme
Contrairement à son cousin des champs (qui est à l'origine de la plupart des légendes sur le rat), le rat brun sauvage (celui qu'on trouve dans les caves et les égouts) n'est pas du genre à vous attaquer sans raison, simplement parce qu'il ne vous aime pas. S'il attaque, ce sera uniquement parce qu'il a été dérangé, ou qu'il n'a pas de possibilité de fuite. De la sorte, si vous venez à vous trouver dans un endroit où vivent des rats bruns sauvages, veillez à ne pas vous placer entre eux et la sortie, et manipulez les objets lentement et doucement : ils pourront alors s'éclipser discrètement plutôt que d'être contraints à vous sauter dessus.
Le rat brun sauvage a fondamentalement le même caractère que son frère domestique et diffère de lui essentiellement par l'éducation et les résultats de la sélection des individus les plus aptes à vivre en captivité.
Ainsi, bien qu'il soit indéniablement plus farouche que le rat domestique, le rat brun sauvage en captivité peut être amené à devenir un compagnon amical et joueur, surtout s'il est recueilli petit. Il faut toutefois signaler que tous les individus ne supportent pas la captivité et que cela peut induire chez eux un grand stress ; on a même rapporté des cas de rats devenus fous.
Particularités du rat sauvage
Par rapport au rat domestique, on peut également parfois constater quelques particularités morphologiques : leur fourrure est plus épaisse, et leurs yeux et oreilles sont plus petits.
Enfin, ils sont plus généralement encore plus enclins à la propreté que les rats domestiques : ils choisissent d'eux-même un coin toilettes et s'y tiennent.
Risques sanitaires
Si vous recueillez un rat sauvage chez vous, méfiance : il peut être porteur de maladies infectieuses pour vous et vos autres rats. Une quarantaine rigoureuse de plusieurs semaines est indispensable, ainsi qu'un dépistage sanguin de la leptospirose. Il est certes peu probable qu'il soit porteur d'une maladie mortelle (bien que le risque existe), mais il est par contre fort probable qu'il soit atteint de maladies de peau, affections respiratoires ou intestinales et autres joyeusetés du genre. Prévoyez le budget vétérinaire.
Intégration avec le rat domestique
Si vous désirez à terme faire cohabiter un rat sauvage recueilli avec vos autres rats, prenez beaucoup de précautions. Ces présentations doivent se faire non seulement avec toutes les précautions usuelles, mais également avec une attention particulière à certains points : le rat sauvage doit pouvoir s'échapper de l'endroit où se fait la présentation, sans quoi il risque une mort par choc hormonal. En effet, les rats sauvages sont beaucoup plus sensibles aux phéromones que les rats domestiques, et l'exposition à un afflux de phéromones étrangères sans possibilité de fuite peut conduire à un stress mortel.
Il est conseillé de familiariser au préalable le rat sauvage aux odeurs des autres, en l'exposant pendant quelques jours à une petite quantité de litière souillée provenant de la cage de vos rats domestiques, plutôt que de l'exposer directement aux rats eux-mêmes. Ainsi, le jour de la rencontre, l'odeur de son congénère ne lui sera pas totalement inconnue.
Nuisances
Si le rat sauvage peut parfois être apprivoisé, il est souvent au contraire source de nuisances importantes. Si vous souhaitez vous débarrasser de rats sauvages qui squattent votre domicile sans pour autant les tuer, la première chose à faire est de leur couper les vivres : la nuit, assurez-vous que vos provisions sont bien à l'abri, ainsi que vos déchets (et vos savons !). Si vous avez une poubelle dont le couvercle s'ouvre facilement (un couvercle à bascule, par exemple), recouvrez-la d'un objet lourd pendant la nuit, ou scellez-la avec du ruban adhésif brun. Fermez bien toutes les armoires contenant de la nourriture et assurez-vous qu'il n'existe aucun trou ni aucun espace dans lequel pourrait se glisser le rat pour venir se servir. Vous pouvez aussi placer toute votre nourriture bien en hauteur, sans aucune possibilité d'escalade pour atteindre les étagères. En effet, contrairement au rat noir, le rat brun est incapable d'escalader une surface verticale (ils peuvent par contre sauter assez haut).
Ensuite, découragez-les en déposant aux endroits qu'ils squattent des odeurs qu'ils n'aiment pas, comme le poivre ou l'eucalyptus. Vous pouvez aussi tenter la méthode sociale en balisant le terrain avec votre propre urine (ou celle de votre chien ou chat), ce qui est pour lui un message clair qu'il se trouve en territoire étranger et qu'il y est indésirable.
Si malgré tout vous avez encore des rats, vous pouvez encore tenter une troisième solution : le piège. N'oubliez pas de le munir d'une réserve d'eau ou d'aliments gorgés d'eau (concombre, tomate, raisin...) si vous n'êtes pas en mesure de vérifier le piège deux fois par jour. Une fois capturé, relâchez-le dehors. Si vous ne voulez pas du rat dans votre jardin, allez le relâcher à quelques kilomètres de là, sans quoi il sera probablement de retour avant vous. Choisissez un endroit qui n'est pas déjà infesté de rats, sans quoi vos intrus seront probablement attaqués par les résidents. Attention si vous attrapez une femelle gestante : relâchez-la et patientez quelques semaines (pas trop longtemps, il faut que les ratons soient sevrés mais pas qu'ils aient le temps de se reproduire à leur tour !) avant de la recapturer ainsi que les petits, sans quoi ils risqueraient de mourir de faim.
Une fois que vous êtes certains que les rats ont déserté la maison, inspectez-la minutieusement, à la recherche des endroits où ils ont pu pénetrer, particulièrement les trous dans les murs où passe la tuyauterie, et bouchez-les.
Notez que si le seul rat sauvage que vous avez chez vous est un solitaire squattant le jardin, il est probablement plus sage de s'en accomoder. En effet, en défendant son territoire il préservera votre maison des autres rats. Débarrassez-vous-en et vous risquez bien d'en avoir vingt qui arrivent ! De plus, un rat sauvage dans le jardin n'est pas moins intéressant à observer qu'un écureuil : vous pouvez mettre à profit sa présence pour l'observer de loin avec vos enfants.
Si vous désirez vous assurer qu'ils ne pénétreront pas dans la maison, une méthode efficace est de les nourrir vous-même : si vous leur offrez de la nourriture gratis au fond du jardin, il y a peu de chances qu'ils se risquent à aller la voler chez vous. Bien sûr, cela ne fonctionne que si vous avez un jardin assez long, car placer de la nourriture à deux mètres de vos murs risque d'avoir l'effet inverse.
Tuer les rats sauvages peut être ponctuellement nécessaire, et le cas échéant cela devra être fait le plus humainement possible. Toutefois il faut bien garder en tête que l'élimination physique n'est pas un moyen efficace à long terme, car les rats sont très prolifiques justement parce qu'il est acquis que la plupart sont censés mourir. Plus vous tuez de rats, plus l'espace vacant sera repeuplé par d'autres — et ils seront plus jeunes, plus fertiles, plus agiles. Une solution à la fois humaine et efficace serait plutôt de disséminer des phéromones de rats pour leur faire croire que le territoire est déjà surpeuplé de rats. Ou bien d'inoculer des contraceptifs à des rats adultes qui se chargeront de défendre eux-même leur territoire contre les rats étrangers jusqu'à ce qu'ils meurent naturellement (de vieillesse ou de prédation).
